Energie Nucléaire : Les projets franco-britanniques de relance du nucléaire manquent de bon sens

Bruxelles, le 27 mars 2008 - A l’occasion de la visite de Nicolas Sarkozy en Angleterre, le Premier Ministre britannique Gordon Brown a plaidé en faveur d’une expansion massive du nucléaire au Royaume-Uni.

Claude Turmes, eurodéputé Vert luxembourgeois, rapporteur du PE sur les énergies renouvelables et Daniel Cohn-Bendit, coprésident du Groupe des Verts/ALE au Parlement européen ont estimé que :

"L’appel du gouvernement britannique pour le renouveau et l’expansion de son programme nucléaire semble venir d’un autre monde. Le Royaume-Uni a une montagne de déchets radioactifs dont elle ne sait que faire. Les coûts financiers, colossaux, s’élèvent déjà officiellement à environ 100 milliards d’Euros. Par ailleurs les sites de retraitement des déchets et de production de plutonium à Sellafield, qui étaient sensés être générateurs de revenus ont en réalité fait capoter tout le montage financier de cette filière de gestion des déchets. Il ne reste absolument aucune infrastructure industrielle au Royaume-Uni pour construire les principaux composants des centrales nucléaires".

Les partenaires français pour la relance du nucléaire au Royaume-Uni ne font guère mieux. Au bout de 2 ans et demi de travaux, la construction du premier réacteur EPR (European Pressurized Water Reactor) à Olkiluoto en Finlande a plus de 2 ans de retard et affiche un surcoût de 50% ou 1,5 milliard d’euros. Le responsable finlandais du projet a révélé fin février 2008 qu’AREVA ne leur avait soumis que la moitié des plans. " Les centrales nucléaires ne sont pas construites sans plans, du moins pas en Finlande" a-t-il déclaré.

"Des goulots d’étranglements dans la capacité de construction, un manque de personnel qualifié, des retards répétés et des surcoûts excessifs caractérisent la situation actuelle de l’industrie nucléaire dans le monde. Dans chacun de ces domaines, la situation est même pire au Royaume-Uni que dans tous les autres pays nucléarisés. Les plans du gouvernement anglais font ainsi preuve d’un manque total de bon sens.

L’idée que l’énergie nucléaire puisse être une solution à la diminution des réserves d’énergie fossiles est une grave faute de jugement. L’investissement de la même quantité d’argent dans les économies d’énergie ainsi que dans les énergies renouvelables serait plus judicieux, plus efficace et générerait plus d’emplois"

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samedi 29 mars 2008
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