Energie : propositions des Verts européens pour un futur équilibre énergétique sans nucléaire

Rome, le 10 novembre 2007 - A la veille du "World Energy Congress", organisé à Rome du 11 au 15 novembre par les grands Groupes mondiaux de l’énergie, le Groupe des Verts au Parlement européen, les Verts italiens, Legambiente, Greenpeace Italie et WWF Italie ont organisé, également à Rome, une conférence internationale sur l’énergie les 9 et 10 novembre.

La conférence se tient au moment où le prix du baril de pétrole est en passe de franchir la barre des 100 dollars et ce, deux jours après que l’Agence Internationale de l’énergie a alarmé le monde entier sur l’impasse de l’actuelle politique de l’énergie et des transports.

L’objectif de la conférence aura donc été de proposer des solutions alternatives et innovantes pour un véritable futur équilibre énergétique sans nucléaire. Des scénarios européen et italien de préservation du climat sans nucléaire ont démontré que ces solutions allaient relancer les secteurs et entreprises qui prennent ce sujet à bras-le-corps. Les énergies renouvelables, la maîtrise de l’énergie et le secteur du bâtiment sont assurément parmi les grands gagnants du climat. Mais les flux financiers considérables générés par le marché du pétrole et de l’énergie doivent être bien mieux contrôlés et mis au service de l’intérêt général.

L’Union européenne doit

* Mettre en pratique les décisions du Conseil européen de mars 2007 afin de parvenir d’ici 2020 à une réduction des émissions des gaz à effet de serre de 30%, de passer à 20% d’énergies renouvelables et d’économiser 20% de l’énergie dans l’UE * Faire en sorte d’établir une plate forme de coopération internationale sur l’efficacité énergétique d’ici 2008 sous la présidence du G8 qui sera alors assurée par le Japon * Développer l’Union Solaire pour la Méditerranée et non pas l’Union Nucléaire Méditerranée telle que proposée par Nicolas Sarkozy * Contrôler les flux financiers liés à l’énergie, lutter contre la corruption, en finir avec les paradis fiscaux en Europe, imposer la transparence financière aux oligopoles du secteur énergétique et sanctionner sévèrement les fraudes * Assurer un changement des comportements des citoyens européens dans leur utilisation de l’énergie dans la mesure où les solutions technologiques ne suffiront pas à elles seules à lutter contre les changements climatiques

Le cas d’ENEL a particulièrement été soulevé lors des débats puisque cette compagnie électrique italienne investit dans les énergies renouvelables, investissements qui en réalité n’est pas à la mesure des attentes. Par ailleurs, ENEL s’est récemment engagé dans le nucléaire en Slovaquie (Mochocve) et ailleurs. Selon les Verts européens, le projet de Mochocve 3 et 4, basé sur une technologie soviétique désuète, présente des dangers en matière de sûreté. Le manque de transparence et l’absence de consultation sur ce projet amènent les Verts européens à demander à la Commission européenne, qui est actuellement consultée sur ce projet (Art 41-44 Euratom) :

* de donner une opinion négative concernant la sûreté de Mochocve 3 et 4 tant qu’il n’y a pas de double enceinte de confinement * de veiller à ce que la Slovaquie procède à une réelle évaluation de l’impact environnemental avant d’autoriser la construction de ces réacteurs

Durant ces deux jours, la question de la stratégie mondiale en matière d’approvisionnement énergétique aura été au cœur des débats entre les organisateurs et des personnalités européennes telles que Emma Bonino, ministre des Affaires européennes et du commerce international, Eva Joly, ex magistrate de la Cour de Paris responsable alors du cas Elf, et actuelle conseillère du ministre de la Justice et des Affaires étrangères en Norvège, Alfonso Pecoraro Scanio, ministre italien de l’environnement, Ermete Realacci, président de la commission de l’environnement à la chambre des députés à Rome, Tommaso Sodano, président de la commission du territoire, de l’environnement et du patrimoine du Sénat à Rome, Chicco Testa, Président du Comité organisateur du XXème Congrès du WEC, Rudi Anschober, Ministre régionale de l’environnement (Autriche) Jorge Vasconcelos Directeur de European Renewable Energy Investment Portofolio et Paride De Masi, Président de Confindustria Fonti Rinnovabili.

Les députés du Groupe des Verts au Parlement européen qui sont intervenus dans les débats sont Monica Frassoni, coprésidente du Groupe, Rebecca Harms, Eva Lichtenberger, Marie-Hélène Aubert, Claude Turmes, vice-présidents du Groupe, Sepp Kusstatscher et Michael Cramer.

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jeudi 15 novembre 2007
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