Guinée - Conakry : L’UE doit exiger la tenue d’un dialogue politique

Strasbourg, Jeudi 15 février 2007 - Le Parlement européen a voté une résolution sur la crise en Guinée Conakry.

Marie Anne Isler Béguin s’exprimant au nom du Groupe des Verts/ALE a estimé que :

"Les évènements en Guinée doivent retenir toute notre attention car la situation est grave et ce pays est à la dérive. Maintenu depuis trop longtemps dans un état de sous développement volontaire par un pouvoir dictatorial, la Guinée s’enfonce dans une impasse dramatique faute d’ouverture et de démocratie.

Alors que le pays regorge de ressources naturelles et minières, les richesses, accaparées et mal gérées par un président et son entourage, tout aussi coupable, ne peuvent profiter à un peuple qui n’en peut plus de l’indigence, de la misère et de l’injustice sociale.

Malade, le Président Lansana Conté, au pouvoir depuis 1984, s’accroche à la vie et au pouvoir. Qu’il s’accroche à la vie, nous le comprenons et personne ne peut lui en faire grief. Par contre, qu’il s’accroche ainsi au pouvoir en rétablissant l’Etat d’urgence, nous ne le comprenons pas et nous ne pouvons l’accepter. Après de décennies de pouvoir sans partage, comment ne pas condamner une telle attitude, alors que la sagesse ou le minimum de compassion pour son peuple aurait dû amener le Président Lansana Conté à préparer sereinement sa succession et la transition vers un régime véritablement démocratique. Au lieu de ça, c’est l’état de siège que l’on proclame, la restriction de réunion, de circulation, les exactions des militaires sur des manifestants pacifiques, les morts inacceptables.

Nous ne pouvons que condamner cette brutalité, ce manque de respect des droits les plus élémentaires des guinéens et le comportement honteux d’un dirigeant en fin de règne mais hélas pas de nuisance.

Il nous faut exiger la mise en place d’une commission d’enquête sur les évènements qui se sont déroulés en Guinée Conakry pour connaître exactement le véritable bilan de la répression à quels niveaux de responsabilité les décisions ont été prises et par qui. Ceci afin qu’aucun ne puisse se retrancher derrière la responsabilité du seul chef de l’état.

Dans le cadre des accords de Cotonou, l’Union européenne doit exiger la tenue d’un dialogue politique prévu par l’article 96 .

La plus grande vigilance doit être de mise car si la situation continuait à se détériorer ce n’est pas seulement les guinéens qui en souffriraient mais ce pourrait être également toute cette région d’Afrique par dégénération du conflit interne et contagion aux pays voisins. Le passé n’a malheureusement fourni que trop d’exemples de cette sorte".

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jeudi 15 février 2007
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