Relations UE-Chine : la prise en compte des Droits de l’homme est fondamentale
Pour Hélène Flautre, Présidente de la Sous-commission des Droits de l’homme du Parlement européen "il est impératif que cette échéance institutionnelle joue comme une occasion supplémentaire de mettre la Chine face à ses engagements sur le terrain des droits de l’Homme". L’aspiration à l’ouverture avec l’organisation des Jeux Olympiques 2008 est en effet désavouée dans les faits et laisse un profond goût d’amertume. Du témoignage en direct par téléphone de Mr Hu Jia, célèbre dissident sous résidence surveillée dans la banlieue pékinoise et candidat au Prix Sakharov 2007, les membres de la Sous commission retiendront que la situation s’est même détériorée, l’organisation des Jeux étant prétexte à la multiplication des violations. Selon lui, rien d’étonnant dans un pays où le chef du bureau de la sécurité de Pékin cumule la fonction de responsable de l’organisation des Jeux dans cette même ville, où les complexes sportifs prennent le dessus sur l’habitat de la population qui ne dispose d’aucun recours. Les engagements pris par la Chine lors de l’attribution des Jeux restent eux aussi lettre morte face à des estimations communiqués par Hu Jia selon lesquelles plus d’un million de chinois sont victimes de persécution.
Malheureusement, la visite du Président Sarkozy en Chine est loin d’avoir donné le ton pour un sommet sous l’égide des droits de l’Homme. Pour l’eurodéputée Hélène Flautre, "deux semaines après les paroles de Strasbourg où Nicolas Sarkozy avait déclaré que tous ceux qui ont fait l’expérience de renoncer à la défense des droits de l’Homme au bénéfice de contrats n’ont pas eu les contrats et ont perdu sur le terrain des valeurs, cette visite en Chine illustre sa schizophrénie. Ses timides interpellations à son homologue Hu Jintao sur les droits de l’Homme sont en deçà des revendications de la communauté internationale et ne suffisent pas à faire oublier ses déclarations en faveur de la levée de l’embargo sur les armes pris à la suite du massacre de Tienanmen. Massacre qu’il juge comme un élément du passé, niant ainsi non seulement les souffrances des victimes et des familles de disparus toujours dans l’attente d’une enquête mais aussi l’existence des manifestants toujours en prison dans des conditions loin de satisfaire aux standards internationaux".
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